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Christophe Claudel Christophe Claudel 29 mars 2023 15:47

Il y a l’Histoire de la République, et il y a les mythes républicains, qui figent dans le marbre bien plus qu’un texte constitutionnel une « idée » et des usages sacralisés comme « LA » République.

Je ne vais pas refaire l’Histoire de la République « bourgeoise » (sans connotation marxiste), laquelle parle au nom du peuple mais craint le peuple et ses éruptions. Ni argumenter encore sur le fait que si l’on prend la définition (empruntée à Lincoln, reprise par de Gaule et inscrite au ch. 1 de la Constitution de 1958), la France n’a, de fait, jamais été une démocratie :

"La démocratie [ou la République], c’est le gouvernement du peuple, par le peuple, et pour le peuple."

Quel lien avec les antisystèmes ?

Aujourd’hui ne subsiste objectivement de cette République que des discours, des références et invocations-réflexe, auxquels personne ne croit plus et qui sont démentis par les faits. Les principes, vertus, usages républicains sont outragés. La technocratie a tué l’esprit républicain (à dessein) pour lui substituer des critères gestionnaires, fonctionnalistes, utilitaristes, de pure conformité aux normes systémiques : ça a donné Macron, soutenu par un gros bloc « centriste » de gouvernement système compatible... Sans quoi il n’est plus possible de gouverner. A moins de sortir des Traités, de l’Europe, de l’euro et de l’OTAN... Mais même en faisant cela, on ne reviendra jamais 60 ans en arrière.

Ce paysage politique nouveau a effectivement dégagé les vieux clivages et leurs acteurs, pour les remplacer par un axe pro- ou antisystème.

Ce qui a rejeté aux "extrêmes, assorties de thématiques populistes, tout discours alternatif au modèle actuel. La dictature, si l’on convient que nous sommes entrés dans une forme nouvelle de dictature, est donc d’abord une dictature intellectuelle, idéologique à propos de cette prétendue « seule façon de gouverner » martelée par le pouvoir. En réalité, cette pratique est moins une praxis orthodoxe du pouvoir, qu’une nouvelle religion du Pouvoir : mondialiste et néolibérale, « démocratique », « progressiste » et « écologique » dans les discours ; ploutocratique, technocratique, hyper inégalitaire, élitaire, autoritaire, sécuritaire et totalitaire dans les faits.

Cette religion a remplacé insidieusement le républicanisme social et laïc version 1958. La souveraineté a été confisquée au peuple sans lui dire, au profit d’une technostructure transversale, pilotée par une élite mondialiste qui tente aujourd’hui de s’uniformiser autour d’intérêts, de visions et de projets d’organisation mondiale concurrents (unipolaire, multipolaire…)

Cette évolution est arrivée à un point tel au plan mondial que la rappropriation par le peuple de sa souveraineté nationale et de ses droits authentiquement démocratiques (liberté notamment) supposerait un effort et des sacrifices que la majorité n’est pas prête à consentir.

Ce qui conforte le pouvoir en place qui jour sur la peur du désordre, des violences et de l’anarchie.

Seule l’émergence d’une conscience globale partant de l’humain, des individus, des peuples, et d’une vision commune du destin de l’humanité à venir permettra de sortir de cette impasse. En travaillant de l’intérieur, par la sécession, la subversion, le démembrement face à un système pourrissant. Et un travail sur l’identité (de l’humanité, les liens entre les identités), et les valeurs.

Pour l’heure, la mascarade démocratique en France n’est plus réduite qu’à une rhétorique de moins en moins efficiente (progressiste, woke, politiquement correcte...), et à des rituels (débats médiatiques, élections, célébrations diverses) vidés de tout contenu et manipulés pour obtenir le résultat escompté. Le mensonge permanent sur les valeurs, le schisme entre une élite qui gouverne déconnectée du peuple, alimentent des ferments « révolutionnaires » (au sens étymologique de retournement) qui ramènent cycliquement le peuple à la tentation insurrectionnelle vue comme seule issue intuitivement juste pour rétablir un contrat social fondé sur le Droit, ou détruire le système, amplifie le phénomène de crise (catastrophe) jusqu’à atteindre un seuil de rupture, avec la possibilité d’un saut évolutif ou involutif.

De Gaulle disait : "la République, c’est le peuple. Quand on n’a pas le peuple avec soi, on n’est pas la République".

Mélenchon et l’extrême gauche jouent avec cette vérité inscrite dans l’ADN de la République française : l’adéquation charnelle entre le peuple et son/ses dirigeants. Mélenchon singe le tribun populaire ("La République, c’est moi  !)
Mais il joue aussi avec l’hypothèse révolutionnaire (au sens marxiste) pour précipiter la fin de la Ve et l’avènement d’une mythique VIe République qui ne résoudrait rien.
Car il fait abstraction du contexte mondial. Et du fait que la politique, ses acteurs (dont lui) sont des jouets d’une Caste qui les finance pour figurer dans une comédie écrite par d’autres. Alors que les décisions sont prises ailleurs depuis longtemps.

La guillotine électorale est une tartufferie. Macron sera lâché tôt ou tard par ceux qui l’ont propulsé à l’Elysée. Et aussitôt remplacé par une autre marionnette moins usée et plus en phase avec les enjeux du moment.

Un point c’est tout.

Bref, la logique politique (et nationale) est caduque, bien que pertinente. Il faut passer 2 ou 3 échelons supérieurs.


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