• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de Hervé Hum

sur La pensée libertarienne (4) : Critique de la conception libertarienne de la société (2nde partie)


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Hervé Hum Hervé Hum 10 juin 2018 09:28

@Nick Corey


Nous sommes tous les deux à vouloir un débat contradictoire qui repose sur une bonne argumentation directe, c’est à dire, sans dévier du sujet de discussion.


comme je l’écris dans un précédent commentaire, on ne peut pas parler de droits sans évoquer les devoirs correspondants. L’un ne va pas sans l’autre. Ainsi, s’il existe des droits naturels, il doit exister leur pendant en devoir.

L’axiome est le suivant « tout droit implique un devoir et tout devoir applique un droit ». Autrement dit, si rien n’impose un droit, alors, il reste du domaine de l’imaginaire. Un droit est toujours coercitif, sans cela, il n’a aucun sens et cette coercition passe par le devoir de l’appliquer.

Exemple, disons quel la propriété est vu comme un droit naturel, donc, que tout humain peut revendiquer, alors, cela implique le devoir d’accorder à tout un chacun un droit de propriété irréductible. Ici, l’arnaque des libertarien est de faire abstraction de ce devoir lié au droit de propriété reconnu à tous ceux qui vivent sous la même loi et donc, peuvent réclamer le droit de propriété et seulement alors, le défendre en tant que tel.

Car bien évidemment, pour le libertarien, le droit de propriété ne se reconnaît en terme de devoirs qu’entre propriétaires, pour ceux qui n’ont pas de propriété, le devoir ne peut pas s’appliquer, sauf s’ils y sont contraints, donc, par l’agression physique et du seul rapport « naturel » de la loi du plus fort qui lui, repose sur l’usage exclusif de la violence, donc encore et toujours de l’agression physique. Le keynesianisme, à simplement rappelé cette condition de réciprocité aux propriétaires, quant à leur devoirs. Mais dû à la pression très forte des prolétaires et uniquement cette menace. Ce principe de réciprocité, qui est le principe fondamental de l’éthique et est immuable, s’applique partout.

Et c’est déjà très largement suffisant pour démolir cette pseudo philosophie libertarienne qui, de mon point de vue, ne fonctionne qu’en raison d’un enseignement de la logique biaisée, elle même reposant sur ce que je nomme le principe de relations de causalité.

Ce qui existe, ce sont des lois naturelles sous lesquelles l’humain est soumis, de gré ou de force.

Un autre postulat tronqué, c’est celui qui consiste à faire confondre la forme du fond, ce qui permet de faire passer des « vessies pour des lanternes ».

ainsi, pour étudier le fond d’une idéologie, il faut étudier son principe de base, son ordre premier ou directeur. Pour faire simple, son ordre directeur est déterminé par son but, qui en est le fond, l’attraction et motive le mouvement, alors que les moyens en sont la forme. L’humain n’a de choix que du fond, de la finalité, du but, mais pas des moyens, ces derniers s’imposent d’eux mêmes en fonction des conditions d’existences liés à la réalité physique.

Pour le capitalisme, le but est de s’approprier le temps de vie d’autrui à son profit afin de capitaliser son propre temps de vie. Car fondamentalement, c’est le temps de vie qu’il s’agit de capitaliser. Capitaliser l’espace n’a en lui même aucun intérêt. Or, comme il est impossible d’augmenter son propre temps de vie, la seule manière d’y arriver, c’est d’exploiter celui d’autrui. Les grandes oeuvres architecturales sont le fait de milliers d’individus, mais on ne retient généralement que le nom de celui pour qui elle a été réalisée, comme s’il avait tout fait lui même, alors que c’est impossible.

Mais pour arriver à capitaliser la vie d’autrui, il faut d’abord capitaliser l’espace, afin d’en percevoir un impôt particulier, duquel on pourra justifier, légitimer et légaliser l’exploitation d’autrui à son profit exclusif. Non pas auprès de soi même, mais vis à vis des exploités. Or, vous pouvez vérifier, cette méthode est exactement la même en monarchie qu’en république bourgeoise, que pour le religieux. Seule la forme change, le vocabulaire utilisé aussi pour faire illusion, mais le principe est strictement identique.

Un principe reste immuable, quelle que soit la dimension ou échelle utilisée, seule sa forme évolue.

Mais comme dit, ces faux postulats sont surtout dû à un enseignement biaisée et ce, au plus haut niveau, c’est à dire, à l’université. Pas trop dans les sciences dites dures,bien que cela pose un problème de compréhension au niveau fondamental de la physique, mais surtout dans les sciences dites humaines que sont l’économie, la politique, la philosophie, la psychologie. Mais en réalité, il n’existe pas de sciences humaines au sens de perfectible, toutes sont des sciences exactes. La seule chose qui les rendent perfectibles, c’est la volonté de tromper pour abuser autrui.



Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès