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Analis 9 mai 2023 20:04

@Nicolas36

L’année dernière l’offensive de Kharkov et de Kherson ont été peu significative pour les Russes qui étaient en infériorité numérique et qui se sont simplement retirés.


Là se trouve la clef de tous les problèmes qu’ont eu les russes à la fin de l’été dernier : ils étaient trop peu nombreux dans ces régions pour résister à l’offensive. Tout le monde parmi les analystes objectifs, et parmi ceux qui commentent ici (à part quelques fanatiques atlantistes) se retrouve là-dessus. Mais comment se fait-il qu’ils étaient si peu nombreux, justement ?


Là, les mêmes échouent en général à pointer la vraie responsabilité  : celle de Poutine. Ses énormes erreurs stratégiques ont coûté à la Russie, et par-delà au monde entier, une prolongation de la guerre au-delà du raisonnable, en donnant aux extrémistes ukrainiens et à leurs soutiens occidentaux l’illusion d’une possible victoire, illusion qu’ils peuvent ainsi vendre à leur public et obtenir le soutien de celui-ci. Il a lancé à l’assaut des troupes insuffisamment nombreuses en février 2022, moins de 200 000 hommes en comptant celles des séparatistes cosaques et novorusses. Certes, cela a suffi à remporter de grands succès à court terme, et à neutraliser l’armée ukrainienne d’alors, d’inspiration soviétique. Mais il était évident aux yeux de tout observateur que cela ne suffirait pas dans le cas d’un prolongement du conflit et d’un renforcement prévisible de l’armée ukrainienne. Jusqu’à début avril il y a un an, quand Zélensky était prêt à capituler, cela pouvait paraître suffire. Mais à partir du moment où les pourparlers de paix en Turquie, suite à ceux de Minsk, ont été sabotés par les Occidentaux, il était devenu évident qu’il fallait passer à un autre niveau. Et engager tout de suite une mobilisation. Il l’a finalement faite, avec près de cinq mois de retard.


La vérité est toujours celle qu’il a laissé transparaître depuis plusieurs années de conflit, en Syrie et en Ukraine déjà en 2014 : loin d’être le génie que certains décrivent, et loin d’être aussi un tyran brutal prompt à recourir à tout bout de champ à la force, Poutine est un faible. Et un niais. Cela a fini par lui coûter très cher. Maintenant, les 300 000 hommes annoncés ont été mobilisés, équipés et entraînés, plus 40 000 à 70 000 déplacés d’autres régions, les lignes de front ont été fortifiées, les ukrainiens ont encore perdu une quantité impressionnante de matériel livré (et 2050 chars, fussent-ils de 4ème génération, c’est très peu), ils sont surclassés tant par les blindés que par l’aviation et l’artillerie russes, mais il reste que plusieurs mois ont été perdus par les russes, d’une façon aisément évitable, quand on voit l’inefficacité des attaques menées par les forces ukrainiennes requinquées dans les régions de Karkov et Kherson.


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