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Accueil du site > Culture & Loisirs > Mode & tendances > Le financement participatif, pas si indépendant que ça...

Le financement participatif, pas si indépendant que ça...

Nous allons aborder le financement participatif, pardon, le “crowdfunding” comme l'aime les médias populaires, multipliant les anglicismes autant que les « regardez, ça vient des USA ! » et que les « regardez, c'est du made in France ! » (un anglicisme ici bien ironique), tant que les médias peuvent dire « regardez », ils seraient capables de parler de n'importe quoi, du moment qu'on les « regarde » eux.

Vous l'aurez compris, cet article parle autant du financement participatif que des médias de masse.

En effet, sous couvert du « c'est financé par le peuple, pour le peuple, avec les idées du peuple », les auto-proclamés « journalistes » (ou perroquets) participent à des campagnes médiatiques et altèrent ainsi l'aspect exclusif de ces productions.

Comment ne pas constater que dans ces courses aux financements les projets sont désavantagés dès le départ ? Que des lanceurs de projet se créer un réseau de partage d'information pour qu'une fois le financement ouvert la campagne se déroule dans de bonnes conditions et récolte des fonds rapidement, c'est normal. Mais que le copinage avec des journalistes, la multiplications des actes « débiles » (restons polis) pour se faire remarquer et ainsi attirer le regard des « médias-tout-puissants », cela fait du tort à un processus qui à la base est du volontariat, indépendant de toutes ces manipulations qui font que les dons ne sont plus des actes volontaires, parce qu'on croit en un projet, mais un acte à la mode, car c'est le projet populaire qui fait le tour des journaux papiers et télévisés.

Cela est d'autant plus pénalisant car cela retire de la visibilité à d'autres projets qui n'en sont pas moins autant intéressant, voire plus.

J'ai fait ma petite recherche sur les plates-formes les plus connues mondialement pour trouver des projets dont je n'avais jamais entendus parler, soit parce qu'ils n'ont pas d'amis médias, de quoi financer une bonne campagne de presse ou suffisamment d'intégrité pour ne pas se faire remarquer pour des comportements absurdes.

En voilà un du Canada, sur Indiegogo : Le Machin Club, un projet ayant pour but de familiariser les enfants à l'art médiatique et à devenir citoyen. Cela implique des enfants, l'art, le multimédia et la « citoyenneté », autant de sujets dont les médias de masse se régalent de bon cœur d'habitude. Sauf que les « journalistes » daigneront en parler que si une célébrité inutile en fait la promotion, que l'argent soit détourné ou qu'il y ai des morts, ou tout autres choses « trash » ; qu'ils fassent du copinage ou une « absurdité » rendue publique puis relayée par des milliers, voire des millions de personnes (moutons). C'est un organisme non-lucratif (raison de plus pour financer et faire de la pub) qui a réussi à lever uniquement 33 % de son objectif initial de 12.500 dollars canadiens. Heureusement qu'ils ont choisi des fonds flexibles et non fixes, sinon ils n'auraient pas pu toucher les 4.000 $ récoltés, ce qui est mieux que rien.

Le deuxième exemple est un projet français (cocorico !) qui lui aussi ne trouve pas son public, non pas à cause de l'idée elle-même (selon moi) mais à cause de la visibilité de certaines campagnes. Panda Roux Éditions a décider de mettre son annonce sur Kickstarter car il s'agissait pour eux de « le site le plus adapté puisque majoritairement américain et que notre projet d'édition se veut mondial mais principalement américain. Nous pensions qu'il y a là-bas un public plus familier avec les services de streaming ». Pas sûr qu'ils le pensent toujours !

C'est en effet sur ce site que des idées originales ont vu le jour, tel que le connu « Exploding Kitten », un jeu de carte ayant remporté pas moins de 8.782.571 $ ! Ils ont fait plusieurs fois partie des informations « technologies », « humour » ou autres des grands médias.

Le problème, c'est que lorsqu’on n’a pas les moyens de faire une campagne de pub, de faire des visuels et des vidéos attractives (pour les moutons qui ne savent pas lire) ou qu’on n’a pas un grand carnet d'adresse car on débute dans les affaires, comme chez Panda Roux Éditions, on n’a pas autant de visibilité que les autres. C'est ce qu'ils expérimentent en ce moment même.

Voici le visuel de leur projet :

(J'ai le droit de présenter leur logo, je leur ai demandé)

Il ne semble pas si pauvre que ça, surtout lorsqu'on se rappelle que les plus grandes marques internationales ont des logos tout simples, comme une pomme, une fenêtre ou juste leur nom.

Leurs campagnes comportent plusieurs visuels, ils ont une vidéo (amateur, c'est vrai) et même un site internet ! Bref, suffisamment d'élément pour attirer certains gogos attirés par les images comme les mouches par la pestilence.

Leur idée n'est pas mauvaise : créer une plate-forme de séries littéraires, où les épisodes sortiraient hebdomadairement contre un abonnement mensuel. Il se compare à Netflix par rapport à l'idée du service de streaming. Leurs romans épisodiques sont de leurs auteurs, ils désirent engager des correcteurs, des traducteurs et des graphistes, des emplois donc... mais que fait donc le ministre ? Et surtout les médias qui sont autant friand de l'embauche que des licenciements massifs ?

Bref, une production indépendante, de la culture, de l'embauche, une start-up et de l'export à l'international, mais que fait M6 ? Ah oui, il préfère parler plusieurs fois d'un seul jeu de carte que de plusieurs autres projets parfois beaucoup plus productifs.

Ils sont conscients de la difficulté d'être médiatisé, ils m'ont même dit : « on sait qu'ils ne parleront de nous que si ça marche, mais ça marchera que s'ils parlent de nous. »

Bref, ils n'ont aucune chance à part sur des médias undergrounds et libres comme ici (où j'ai promis de mettre leur lien contre leur interview, https://www.kickstarter.com/projects/855969410/whats-next-a-new-way-to-read )

Mais si les grands succès de ces campagnes étaient vraiment et uniquement par, du et pour le peuple, pourquoi certains n'auraient-ils que la visibilité des sites undergrounds, tandis que d'autre amassent des millions grâce aux grands médias (-tout-puissants) ?

Non, les grands succès des campagnes de financement participatif ne sont pas indépendants, elles sont liées, comme beaucoup trop de choses, à la volonté des grands groupes de médias.

Encore une idée populaire (dans le bon sens) et se séparant en plus du système des prêts bancaires, le financement participatif, qui devient de plus en plus pourrie par cette couche de médias.

 


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5 réactions à cet article    


  • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 19 août 2015 18:30

    Première ligne :

    « comme l’aime les médias populaires »

    Ce sont les médias qui aiment, 3ème personne du pluriel, donc « aiment » et pas « aime ».

    Qu’est-ce que vous avez, tous, à faire des fautes aussi navrantes depuis quelques années ?

    C’est les ondes des téléphones mobiles qui vous grillent petit-à-petit les neurones du cerveau ?

    La plupart des articles sur Agoravox sont désormais entachés de fautes grossières de ce type, ce qui n’était pas le cas autrefois ; alors, relisez-vous, faites un effort. 


    • Alain 19 août 2015 19:32

      Puisque tu parles d’anglicismes dans ton article, citons :
      trash, streaming, what’s next, start-up, underground.

      Bref, comme mentionnés dans deux articles sur ce site au cours des 15 derniers jours, la langue française à de l’avenir...à mourir sous les anglicismes.


      • Birdy groumf 20 août 2015 12:53

        Organise le financement des projets de manière étatique, en t’appuyant sur des règles démocratiques et les libéraux tel spartacus te diront que c’est du clientélisme, qu’on perd notre liberté au profit du pouvoir de décision de fonctionnaires (ce qui n’est pas foncièrement faux, mais à mon avis un moindre mal).


        Laisse faire les individus et il y aura certes liberté individuelle, mais total manque d’intelligence collective. Cette liberté est d’ailleurs a nuancer grandement, vu la manière dont l’information est diffusée.

        Il n’y a pas vraiment de solution, si ce n’est à travailler sur la manière dont s’informe et communique la masse des gens. Sans ça, le capitalisme financera toujours, sans intelligence, ce qui fait le buzz du moment. 

        Et ce qui est valable pour le financement participatif est largement généralisable. Cf téléthon, ice Bucket Challenge...

        • sleeping-zombie 20 août 2015 12:54

          Hmmm....

          Sujet « officiel » de l’article : les liens délétères entre le financement participatif et les média.

          Unique article d’un auteur qui n’a jamais commenté non plus : si j’étais cynique et désabusé, je dirais que le but principal de l’article est de faire la promotion du projet présenté seulement à titre « d’exemple ». Bref, une pub déguisée de manière à traverser la charte.

          Ce qui finalement est une très bonne démonstration de ce qui ne va pas dans la nature du financement participatif :D

          Pour en revenir sur le projet présenté : ils font un kickstart pour récolter 5000€ ?
          C’est une somme ridiculement faible, c’est 2 semaines de revenu d’un pharmacien, cherchez plutôt un mécène unique, ça devrait être plus facile.


          • Anouk Anouk 20 août 2015 18:25

            Ce qu’il faut comprendre, c’est que le financement participatif est basé sur la capacité du porteur de projet à faire connaître sa campagne et à transmettre sa passion pour son projet. C’est là tout le concept.


            Non, ce n’est PAS facile ! Mais qui a dit que le crowdfunding était facile ? smiley

            J’ai mené 3 campagnes de financement participatif, (je suis Canadienne en passant), et à la 2e j’ai pu financer mon projet à plus de 18 000 USD ! Soit plus de 303% de l’objectif.

            J’ai été en mesure de convaincre des bloggeurs, journalistes, etc. de parler de notre campagne et partager le lien. Twitter et Facebook sont très puissants aussi. Ma campagne s’est fait d’abord en anglais, notre projet étant dans cette langue, et vu le succès on a lancé une version française qui a moins fonctionné (le crowdfunding étant semble-t-il assez nouveau en Europe), mais qui a tout de même dépassé les objectifs ! 

            Je ne vois rien de pénalisant là-dedans. Une campagne de financement participatif exige une ÉNORME préparation AVANT le lancement du projet. 

            Beaucoup de gens s’imaginent qu’il suffit de balancer son idée et que le reste se fait par magie. Ce n’est pas du tout comme ça que ça se passe smiley La préparation est la partie la plus importante pour que ça fonctionne. Il faut s’avoir identifier les personnes susceptibles d’être intéressées par notre niche et de les contacter.

            Si vous voulez mes conseils pour préparer et réussir votre campagne, n’hésitez pas à me rejoindre sur Twitter @Anne_ouk.

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Jean Boiteau

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