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Accueil du site > Tribune Libre > La 5ème République, un trou noir démocratique ! Suite 3

La 5ème République, un trou noir démocratique ! Suite 3

Désarmer les classes moyennes.

En règle générale, la Ploutocratie est patiente et têtue. Ce qu’elle ne peut faire aujourd’hui, elle le fera demain, après-demain !

Dans l’émotion et l’enthousiasme populaires de l’après-guerre, peu de Français, (sinon les initiés au cœur des affaires,) se doutaient qu’une immense toile d’araignée se tissait dans laquelle beaucoup se firent prendre et se perdirent.

Le Grand Patronat considérait qu’en 1936, sous le Front Populaire, il avait beaucoup concédé « sous la pression ». Il attendit donc le moment le plus favorable pour récupérer ses billes, une fois refermée la parenthèse de l’État Français et de la deuxième guerre mondiale.

1945, 1958, 1962, ce fut le grand retour de la Haute Finance flanquée de ses politiciens et presse les plus serviles. Une vue d’ensemble de ce phénomène de contrôle de la vie publique par l’interventionnisme d’une ploutocratie puissante, nous permet de mesurer l’ampleur des très nombreuses mesures en sa faveur. La 4eme république divisée ne représentait pas le champ d’action idéal pour mener à bien ce lent petit travail de sape. Trop instable. Tout en faisant mine de soutenir les « conquis » sociaux nés de la Résistance mis en place par le CNR, dès 1945, la Ploutocratie s’évertuait à porter sur ces avancées sociales, les coups de boutoir nécessaires à son écroulement. (On le verra notamment avec les ordonnances Jeanneney, sur la Sécurité Sociale). Ces ordonnances ont porté un premier sale coup au fonctionnement de la Sécu, en attendant les suivants...

Mais en 1958, de Gaulle, pressenti et poussé en avant par les plus engagés des ploutocrates veillant au grain - ayant auparavant bien étudié le profil et le caractère du Général, ses faiblesses, ses qualités - réclamait les « pleins pouvoirs », ce, à quoi s’opposèrent peu de parlementaires de l’opposition. De Gaulle constituait un « joker » indéniable pour apporter à la ploutocratie, sur un plateau d’argent, tout ce que réclamaient ardemment la Haute Finance, le Patronat et mettre un terme définitif à ces classes moyennes – celles qui travaillaient, produisaient et assuraient l’emploi - artisans, paysans, petites et moyennes entreprises que la Ploutocratie déteste, méprise et dont sa détestation ne cessera d’augmenter, jusqu’à nos jours.

Certes, les Ploutocrates laissèrent s’installer l’État-providence, comme une sorte de miroir aux alouettes avec comme seul objectif plus ou moins lointain, de transformer l’économie de marché, en une économie franchement et détestablement ultra-libérale largement inspirée du système anglo-saxon. Le récent Marché Commun, où personne des politiciens ne s’étaient levés pour contester cette « créature politico-économique » anti-souveraine : la future UE, initiée par Monnet et Schumann, tous deux très proches de Washington, représentait un des principaux jalons vers la marche inexorable de la destruction du pays, de l’État, de sa culture, de ses traditions et de ces fameuses et trop nombreuses, à leurs yeux, classes moyennes honnies. Nous vîmes les plus enragés des politiciens valider cette innommable démolition contrôlée… par les financiers internationaux. Il n’y avait que les gogos pour applaudir une telle infamie, aidée par le Plan Marshall où la France serait redevable… Pour longtemps. Dans ce Plan Marshall, tout était déjà inscrit de notre futur asservissement.

Pourquoi de Gaulle, et pas un autre, celui que la Ploutocratie désignait comme l’homme capable de les servir, tout en gardant les distances nécessaires avec l’État-providence, tout en se présentant comme son principal garant ?

C’était lui attribuer un rôle particulièrement inconfortable, le condamnant à une incessante danse du ventre, pour satisfaire les deux côtés du spectre politique, à la fois la gauche et la droite. La Ploutocratie profondément anti-démocratique, se servit de tous les instruments à sa portée, comme la publicité, pour monter au pinacle « l’Homme du 18 Juin », leur « idéal » servant.

Les 200 familles triomphaient. Mais en face ? De timides abjurations de la part de chefs de partis que l’on surnommait les « cocus », parce qu’ils avaient mendigoté places et prébendes et se heurtaient à l’indifférence gaulliste. Le lobby savait parfaitement qui et quoi devaient constituer le canevas du futur gouvernement.

Les ploutocrates ont toujours eu la vue longue, au détriment des masses. Il peuvent l’avoir, c’est eux qui décident de lâcher du lest ou de tirer sur la corde, ils ont le pouvoir et l’argent.

Il faut moderniser l’État, le pays, etc. Mais à quel prix ? C’était pour le pouvoir, un vocable avantageusement mis en avant. Moderniser, certes, mais… A leur manière.

Avant de revenir longuement sur les articles de la Constitution de la 5eme République, il faut d’abord répertorier les pertes considérables d’indépendance économique dont la France fut touchée dès 1958. Et qui profita avant tout aux spéculateurs.

L’image d’Épinal que donne le général de Gaulle, Président de la République dès 1958, est celle d’un soutien sans faille à l’indépendance économique de la France. Malheureusement, cette image est en partie fausse. Et cette image se trouve contrecarrée par son action – ou son manque de vigilance (?) ou son aveuglement ? en faveur des investissements étrangers en France, en particulier les capitaux anglo-saxons, et dans une moindre mesure, allemands. (Tout en sachant que l’Allemagne, défaite, était coupée en deux et avait perdu son indépendance sous la coupe politico-financière et militaire des Américains, d’un côté, et de l’autre, une occupation militaire soviétique ).

Toute l’œuvre d’indépendance économique du Général de Gaulle s’opéra sous la houlette discrète, parfois beaucoup moins, de la haute-finance. Pour preuve, son action en faveur des investissements étrangers en France.

JPEG Il fallait dévaluer le Franc. C’est Antoine Pinay qui s’y colla, car il fallait d’urgence, remplir les caisses. Apparemment, le Plan Marshall n’avait pas suffi, alors il fallait vendre les bijoux de famille. Ce que la IVe République répugnait à faire, - avec roublardise – en traînant les pieds, c’est de Gaulle qui s’en chargea.

En effet,

Le 28 décembre 1958, 21 janvier 1959, 15 et 26 juin 1959, les réglementations en faveur des changes- sont prêtes. Avec la réforme Pinay, les investisseurs étrangers de valeurs françaises acquises à la Bourse de Paris, peuvent « exporter » leurs titres, actions, etc. En un mot : spéculer, pour les faire sortir de France, sous une forme « au porteur », (juste un tout petit changement de règle comptable), mais aux énormes conséquences. Sous la quatrième, il fallait « exporter » les titres sous la forme nominative. Imaginez aujourd’hui, un ploutocrate spéculant et envoyant le fruit de ses opérations boursières dans un paradis fiscal, sous la garantie de l’anonymat ! Et bien là, toutes proportions et comparaisons gardées, nous avons un exemple de « laxisme » financier qui ne profitera certainement pas à la France, mais bien aux investisseurs internationaux qui fidèles à leurs habitudes, se goinfreront.

C’est un véritable festival, en quelques mois, le Jackpot pour eux !

Autre cadeau encore plus mirifique pour les spéculateurs internationaux, l’autorisation de l’Office des changes n’est plus exigée. Si bien que les riches étrangers qui grenouillent dans les palais de la République, à la Bourse et partout où se discutent et se disputent l’argent, les valeurs mobilières et immobilières, - cotées en bourse » - vont acquérir des immeubles, des droits immobiliers en France. Le grand capital investira crescendo. Les investissements sous de Gaulle atteindront la coquette somme de 563 millions de NF, pour augmenter au fur et à mesure des années.

Pas de réaction du côté de l’Élysée, devant ces pertes sèches du « trésor », mais seulement de la part de Pinay, également très contrarié par la « spéculation » faisant suite à la dévaluation du franc, grâce aux « délits d’initiés », il dépose une plainte classée sans suite.

Même Albin Chalendon, pourtant très gaulliste, ami de longue date du Général, déplore dans un interview du journal « Entreprise » que de telles mesures allaient affaiblir les entreprises françaises.

Voici quelques exemples en pourcentages des investissements étrangers – américains, allemands, dans l’industrie française, en 1964.

98 % - appareils photo et pellicules

50 % - postes radio et télévisions

95 % - café soluble

50 % - lampes électriques

90 % - disques

50 % - équipements automobiles

90 % caoutchouc synthétiques

50 % pneus

80 % lait en poudre ou lait concentré

65 % - infrastructures distribution pétrole

90 % margarine

70 % matériel de bureau

75 % matériel agricole

70 % machine à écrire

60 % biscuiterie

 

 

A ce tableau, il faut rajouter les sociétés d’assurances, les sociétés de cinéma, la presse et l’édition, sous contrôle des trusts étrangers.

 

.../...

 


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24 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 23 janvier 09:10

    On déboulonne les statues !? smiley


    • paparazzo paparazzo 23 janvier 09:44

      @Clocel

      En général, ceux qui déboulonnent les statues laissent les socles : ça peut toujours servir !


    • Clocel Clocel 23 janvier 09:58

      @paparazzo 

      Fût un temps où le bronze des statues faisait d’excellents canons, on recyclait tout bien avant les attardés écologistes, idiots utiles du capital.


    • jacques 23 janvier 12:12

      @Clocel
      on recyclait aussi les canons en statues.


    • paparazzo paparazzo 23 janvier 12:46

      @jacques

      « on recyclait aussi les canons en statues. »

      … et en symboles phalliques  !



    • Clocel Clocel 23 janvier 12:59

      @paparazzo

      Le plug anal n’était si déplacé que ça finalement ! smiley


    • Nicole Cheverney Nicole Cheverney 23 janvier 15:46

      @Clocel

      Bonsoir, je ne déboulonne rien du tout. Si remettre les faits historiques à leur vraie place est déboulonner, alors nous sommes dans le domaine des « vaches sacrées », du religieux, de l’adoration, concernant un dirigeant. 
      D’ailleurs, je constate que lorsqu’on veut faire taire ou empêcher toute vérité de sortir, on trace une petite ligne rouge interdite de franchir, particulièrement avec de Gaulle, ( faute d’homme ou de femme politiques actuels capables d’incarner une fonction régalienne avec conscience )
      Qu’on le veuille ou non, il appartient à l’Histoire et à la critique sur son action, positive ou négative.


    • Clocel Clocel 23 janvier 16:33

      @Nicole Cheverney

      Nous sommes bien d’accord...


    • paparazzo paparazzo 23 janvier 09:19

      Excellent, merci.


      Peut-on ajouter que les « initiés » qui ont contribué à tisser la toile d’araignée étaient peu nombreux dans chaque pays et qu’ils avaient, pour la plupart, des billes dans plusieurs pays et dans plusieurs camps, même les camps ennemis ?

      Ce qui en reste aujourd’hui est un système-réseau dans lequel quelques têtes « nationales » émergent, comme Arnaud, mais aujourd’hui, le capital qui n’a jamais vraiment eu de patrie (déjà avec les templiers et les Médicis) se dit lui-même « mondialisé ».

      Les frontières des anciens états ne servent qu’à assurer le maintien de l’ordre et à justifier des conflits armés qui, en fait, sont des règlements de comptes monstrueux entre de grandes familles maffieuses cosmopolites. En plus, le commerce d’armes est un moteur économique aussi puissant que la bagnole.


      • Nicole Cheverney Nicole Cheverney 23 janvier 15:59

        @paparazzo

        Bonsoir et merci de votre appréciation. D’accord avec votre constat pour dire que malheureusement, ces « initiés » dont on parle ne représentent que peu de monde, mais un réseau international puissant, particulièrement depuis l’avènement de Napoléon 1er, Louis-Phillippe dit le roi bourgeois et Napoléon 3, la famille royale d’Angleterre, jusqu’à la première decennie du XXe siècle, la 3eme république et ses pantins. Les puissances bancaires ont pris leur vitesse de croisière et en sous-main, préparé tous les grands événements marquants du XXe siècle, grâce à leur fortune, et leur influence croissante sur les dirigeants des pays de la planète deux guerres mondiales  et redéfinition territoriale, politique, économique, en vue de consolider leur propres intérêts.


      • Octave Lebel Octave Lebel 23 janvier 10:58

        Cela fait visiblement du bien de se défouler et de voir comment on peut faire briller et danser des lucioles le temps et l’espace d’une lecture et de quelques commentaires.

        De Gaulle valet des américains et des puissances industrielles et financières internationales.

        Afin de préparer les esprits à avaler d’encore plus grosses bêtises il faut bien tenter de les sidérer en leur demandant de laisser d’abord leur cerveau au vestiaire.

         

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_%C3%A9conomique_de_Charles_de_Gaulle


        Je pense que avec cette capilotade, vous vous payer la tête de nos lecteurs susceptibles de vous prendre au sérieux par manque d’informations en ayant recours à la vieille démagogie qui consiste à exploiter la crédulité, le besoin de connaître que nous avons tous, la frustration de devoir subir trop souvent la condescendance de ceux qui, confondant apporter un savoir et les moyens de le vérifier avec le goût de la domination pratiquent simplement une autre forme de manipulation. Vous réécrivez votre histoire en espérant que certains la confonde avec l’histoire et ses débats sur le sujet qui ne manquent pas loin de là.

        Si cela vous amuse après tout bonne continuation.



        • Octave Lebel Octave Lebel 23 janvier 11:58

          Regardez votre tableau, pensez-vos que nous ignorons le procédé qui consiste à présenter uniquement des chiffres très significatifs pour vos affirmations. Il y a pour l’époque des produits qui étaient nécessairement importés ou dont les technologies l’étaient à raison. On peut facilement inverser l’image en ajoutant l’agriculture, l’industrie pétrolière, la fabrication d’acier, l’industrie ferroviaire et aéronautique, l’industrie nucléaire, l’armement, les chantiers navals, le génie civil, la construction, l’électronique, la fabrication textile, des services publics puissants et efficaces pour l’électricité et le gaz, l’eau, une sécurité sociale fondée sur un pilotage et des cotisations salariales et patronales... Il y avait encore un contrôle des changes et une banque centrale française souveraine. A l’époque un polytechnicien, économiste, haut-fonctionnaire et membre du PCF avait écrit un livre d’économie concernant la France « Le capitalisme monopolistique d’Etat  » On est un peu loin de vos simplifications sur les responsabilités de De Gaulle.Déjà à l’époque, malgré une période favorable, la difficulté était dans la redistribution des richesses produites bien que les écarts de salaires étaient bien moindres que ceux d’aujourd’hui (la pénibilité et la durée du travail étaient plus importantes) et que l’impôt était plus progressif. 


          • Nicole Cheverney Nicole Cheverney 23 janvier 16:42

            @Octave Lebel,

            Bonsoir, en 2019, j’écrivais un livre intitulé « la mort programmée de la Sécurité Sociale », un état des lieux où je faisais la part belle au CNR et particulièrement à Ambroise Croizat qui reste à mon sens, le principal initiateur de cette avancée sociale. Dans cet ouvrage qui m’a demandé des mois de recherche chiffrée, documentée, je mettais aussi en avant le rôle d’une action conjointe gaullistes-communistes, pour la reconstruction de la France, après la deuxième guerre mondiale. 
            L’entente cordiale de circonstance ne dura que ce que durent les roses : l’espace de l’année 1945, puisque de Gaulle, en 1946, quittait le navire. 
            Pendant 13 ans, de 1946 à 1958, la droite réactionnaire en cheville avec le patronat et les forces de l’argent, n’ont eu de cesse de déstabiliser ce que le CNR s’était évertué à construire. 13 ans nécessaires pour faire revenir de Gaulle. Mais surtout, pour les forces de l’argent, les « initiés », mettre sur le devant de la scène Pompidou le banquier. De Gaulle, jouant le rôle de fusible ;
            Et vous ne voyez rien venir après ça ?
            Quant à votre réthorique, sachez que quand j’avance un chiffre, il ne sort pas d’un sac de billes. C’est du factuel. 
            Par contre, vous listez une suite de domaines industriels et économiques dont vous n’apportez aucunement la preuve de leur exclusive française, d’une part, ni en chiffres, ni en pourcentages ? 
            D’autre part, vous balancez un lien Wikipedia. Un peu insuffisant comme démonstration ? 


          • Octave Lebel Octave Lebel 23 janvier 19:25

            @Nicole Cheverney

            Vous choisissez d’utiliser la personne du général de Gaulle sur le mode de la caricature réductrice, provocante et inexacte afin d’apporter une critique floue, imprécise, partielle de la cinquième république qui a l’air elle aussi ici de vous servir de prétexte pour lancer quelques généralités passe-partout qui c’est vrai ont toujours des amateurs.

            Après tout, si cela vous convient et vous plaît et plaît à quelques-uns, vous avez raison, bon amusement. Désolé du dérangement.

            Les données économiques que je cite sont quand même très largement connues et tellement évidentes et les sources tellement multiples ne serait-ce que dans les manuels de nos lycéens que je vous laisse le soin de les mettre en défaut si vous en avez envie. De Gaulle puis Pompidou ont industrialisé la France sur un axe national en s’appuyant sur un Commissariat au Plan. Qui ne le sait pas. etc..etc..Ce n’est pas un soutien inconditionnel à tout ce qu’ils ont fait mais pourquoi avoir besoin de caricaturer de cette façon. Nous avons tous besoin avant tout de mieux connaître et comprendre pour nous prémunir des démagogues qui ont besoin de notre ignorance et crédulité.

            En parlez sérieusement relève d’un peu de complexité en réalité très accessible pour nous tous qui cohabite mal avec les procédés que vous utilisez mais bonne continuation à vous.

            Vous évoquez la démocratie. Je pense que ce sujet vaut mieux que cela.



          • Jason Jason 23 janvier 13:52

            On vit toujours sous la férule du commerce depuis Turgot et sa fameuse formule : « Le commerce ne connaît d’autre lois que celles de son propre intérêt ». Mais, qu’on se console, ça fait 6000 ans que ça dure, comme le patriarcat, l’esclavage sous toutes ses formes, le racisme, le sexisme, les pouvoirs arbitraires, et autres notions puissamment enracinées dans la psyché des sociétés.

            Questions de pouvoir pour les uns et d’habitudes pur tous. Et le terme galvaudé de démocratie n’y changera rien. Y a-t-il une porte de sortie ?


            • Nicole Cheverney Nicole Cheverney 23 janvier 16:10

              @ Jason

              Bonsoir et merci de votre commentaire. Il n’y a qu’une seule porte de sortie, que le Peuple prenne conscience de sa force s’il est solidaire, et conscient de lui-même. Ce que je peux voir, de mon niveau modeste, c’est qu’en haut de l’échelle sociale, tout en haut, la solidarité de classe existe. Le milliardaire américain Buffet disait : Il n’y a qu’une seule guerre des classes, c’est la notre et nous l’avons gagnée. 

              Je rajouterai, avec un sens inné du mépris de l’autre et de la démocratie....Reste à définir ce qu’est la Démocratie.


              • Jason Jason 23 janvier 18:22

                Bonsoir,

                Et merci de ce constat accablant. Je suis très pessimiste sur l’avenir de notre société et je ne vois pas apparaître la fameuse et tant attendue conscience de classe. Si le peuple reste un puissant levier menant à une transformation de l’économie prédatrice, je ne vois pas, par contre, la naissance d’un mouvement qui pourrait effectuer un changement radical des institutions.

                La lutte des classes n’est le plus souvent qu’un combat de chapelles, d’ambitions pour les places, de luttes d’égos, où l’usure, le découragement atteignent trop d’acteurs. Comme le disait un député : « Si les dégoûtés s’en vont, il ne restera plus que les dégoûtants ».

                Pour reprendre la belle définition de Piere Rosanvallon, le capitalisme est (et reste) un opportunisme de classe. Il est protéiforme et s’accommode de tous les régimes, y compris de nos pseudo-démocraties.

                Les définitions de la (des) démocratie/s existent dans les textes et les discours. Le contrat de confiance sur lequel ce système politique repose est vicié car il s’agit le plus souvent d’un contrat dans lequel l’élu ne doit rien à l’électeur. Dans la mesure où ce contrat ne peut être révoqué, si l’élu peut trahir son mandat, alors, tout est permis. De plus, le clientélisme fait des ravages avec ses enfumages permanents.

                On ne peut pas revenir à l’existence des clubs comme en 1789, où les motions présentées devant le parlement (Constituante, Convention) faisaient et défaisaient les majorités. Et pourtant, il appartiendrait aux partis et aux associations syndicales de développer dans tout le pays des tribunes de discussions et d’apprentissage de la lutte politique. Au lieu de cela, le pouvoir monarchique existant se contente, de manière surplombante, de demander des cahiers de doléances dont il ne tient pas compte. Et pour cause : il s’agit de jouer la montre.

                L’avenir reste sombre.


                • Nicole Cheverney Nicole Cheverney 23 janvier 21:10

                  @ Jason

                  Merci de votre commentaire. L’avenir est extrêmement sombre. Nous avons raté le coche en 2017 avec les « ronds-points » les gilets jaunes, mais des forces extérieures ont gaché ce que nous ne reverrons peut-être jamais, cette osmose entre Français de tous bords, de toutes origines, de tous niveaux sociaux, cette « union sacrée » qui a fait très peur au gouvernement. 
                  Aujourd’hui les syndicats sortent leur museau pour les manifestations. Je vous fiche mon billet que dans quelques temps, ils annonceront des « négociations ». Et puis, viendront d’autres évènements qui feront oublier au bon peuple, cet épisode et les fonds réservés aux retraites des Français qui auront cotisé et finiront dans l’escarcelle de Black Rock et autres fonds de pensions américains. 
                  Bien à vous.


                • chapoutier 23 janvier 22:11

                  @Jason

                  je ne vois pas, par contre, la naissance d’un mouvement qui pourrait effectuer un changement radical des institutions .


                  Bonsoir

                  je me tape l’incruste brièvement parce que vous évoquez des préoccupations que je partage.

                  C’est vrai on n’en voit pas la naissance mais je suis certain qu’il est en gestation, il veut ( ce mouvement ) naître, tout pousse à sa naissance, les gilets jaune ne sont pas un mouvement mort-né, juste la première ébauche de ce qui vient. Tout es contenu dans ces couplets.

                  Debout les damnés de la terre
                  Debout les forçats de la faim


                • alinea alinea 23 janvier 20:48

                  Je débute dans mon intérêt de ce moment d’ Histoire.. ; tu communiques avec notre co-rédacteur Alexandre Gerbi ?

                  J’ai commandé un de ses bouquins : le cinquième saut : ou le livre blanc de Charles de Gaulle.

                  Alexandre Gerbi - Biographie, publications (livres, articles)

                  Merci pour cet article qui est un premier pas, suivi bientôt de tes anciens sur l’Algérie !


                  • Nicole Cheverney Nicole Cheverney 23 janvier 21:04

                    @alinea

                    Bonsoir Alinéa, merci de ton commentaire. je ne communique pas avec Alexandre Gerbi. En fait, je suis parfaitement isolée en tant que rédactrice sur Agoravox. C’est dommage, car au lieu de nous égratigner mutuellement, nous pourrions former une sorte de petite amicale d’Agoravox, ce serait sympathique entre tous les auteurs « ouverts » au dialogue, quel que soit le bord. L’idée est lancée. 
                    J’ai un manuscrit en route, qui me demande du temps, je termine ceux sur la 5eme république et j’enclenche, le mois prochain les articles suivants sur la guerre d’Algérie de 1954 à 1962. Je sais que le sujet est épineux, mais il faut dire les choses telles qu’elles. Bonne soirée. Nicole


                  • alinea alinea 23 janvier 21:53

                    C’est bien parce que te sais active et pointue sur ces sujets que je te parle de A Gerbi : il a écrit sur les mêmes ; l’échange dépasserait avox !
                    ( je me mêle toujours de ce qui ne me regarde pas, mais au fond, parfois, je peux susciter des rencontres !! )
                    bien à toi


                  • Nicole Cheverney Nicole Cheverney 23 janvier 20:57

                    @Octave Lebel

                    Pour les caricatures, c’était Jacques Faisant.

                    C’est bien ce que je disais, vous déroulez une ligne rouge interdite de franchir, interdit de parler de De Gaulle autrement qu’ en développant un panygérisme de sa personne presque actuellement « déifiée », ce qui est parfaitement ridicule. Je ne m’amuse certainement pas. L’époque sinistre que nous vivons ne se prête pas aux amusements ! Bien au contraire, je prends très au sérieux chaque événement depuis très longtemps qui nous ont menés dans l’impasse où nous nous heurtons et la nasse où nous nous débattons. Ce n’est pas le personnage de Gaulle en tant que tel, mais l’usage que les « décideurs » en coulisses en ont fait.

                    Certes, selon toutes apparences, des décisions prises de sa part et de son entourage ministériel ont assoupli les conditions matérielles de vie des Français, je le sais, j’étais gamine à l’époque. Mais au-delà des apparences, les portes étaient largement ouvertes, par des décisions irréversibles pour que les ennemis de la démocratie  s’y engouffrent. Ce n’était pas anodin. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est la Constitution de la 5eme république, qui, bien que changée moultes fois, ses articles ont permis la politique actuelle que tous, nous réprouvons. Pour moi, un régime présidentiel représente démocratiquement la pire des choses. C’est la raison pour laquelle, je suis obligée de commencer par la personne de De Gaulle, pour en parler. 


                    • Octave Lebel Octave Lebel 24 janvier 12:09

                      @Nicole Cheverney

                      Il y a de la mauvaise foi dans ce que vous dites mais vous avez raison de persévérer, il y visiblement une clientèle ici pour cela. Je ne suis pas sûr que tous savent bien qui sont les abuseurs et les abusés mais comme on dit cela les regarde smiley

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