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Quels risques à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia ?

Une explosion dans les piscines de désactivation de l'un des réacteurs nucléaires de la centrale de Zaporijia, qu'elle soit due à l'inflammation de l'hydrogène accumulé ou à la réaction nucléaire en chaîne, peut entraîner la propagation de déchets radioctifs à une distance pouvant atteindre entre 100 à 1000 kilomètres, selon les circonstances météorologiques, et il sera difficile de contrôler et de surmonter ces effets sur des décennies.

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Lors de la visite de la délégation de l'Agence internationale de l'énergie atomique à la centrale nucléaire de Zaporijia l'année dernière, l'accent a été mis sur les dommages externes causés par les bombardements, ce qui n'est en fait pas suffisant pour évaluer l'état de la sûreté et de la sécurité à la centrale, car de nombreux événements internes peuvent survenir et provoquer une catastrophe nucléaire de grande envergure.
L'une des conditions les plus importantes que la mission de l'AIEA a négligées est l'état des piscines de désactivation du combustible nucléaire dans le bâtiment du réacteur. Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, mentionnait dans son rapport rendu en septembre dernier que les piscines de désactivation fonctionnent bien.
Le problème avec les piscines est que le combustible nucléaire y est conservé pendant une période allant jusqu'à 5 ans, et après que sa radioactivité s'affaiblit considérablement, il est transféré vers l'installation de stockage de combustible nucléaire sec, où il est placé dans de grands fûts de ciment, et cette installation est située dans le périmètre de la centrale, et elle est entourée d'un haut mur pour protéger contre les radiations.
Dans les piscines de désactivation, le combustible nucléaire génère beaucoup de chaleur en raison des processus de désintégration radioactive, de sorte que les systèmes de refroidissement doivent fonctionner en continu. Nous avons étudié les piscines de désactivation et calculé le temps nécessaire à l'ébullition de l'eau et de son évaporation totale dans une recherche détaillée publiée dans une revue scientifique.

Dans ce cas, plusieurs scénarios d’un accident nucléaire peuvent avoir lieu :
1- Défaillance des systèmes de refroidissement due à l'interruption de leur alimentation électrique, ce qui entraînera une élévation de la température de l'eau et du combustible nucléaire avec elle, pouvant entraîner le déclenchement d'une réaction nucléaire en chaîne.
2- En raison de la température élevée, l'eau entourant le combustible nucléaire va commencer à bouillir et à s'évaporer, ce qui peut entraîner la vulnérabilité du combustible nucléaire et donc une augmentation importante de sa temperature, ce qui peut conduire soit au déclenchement d'une réaction nucléaire en chaîne ou à la destruction des structures métalliques qui transportent le combustible nucléaire.
3- Du fait de la température élevée, l'hydrogène va commencer à être généré par deux méthodes : soit par analyse radioactive directe de l'eau, soit par oxydation du métal zirconium dans l'eau ou la vapeur d'eau. Le zirconium métallique se présente généralement sous la forme de tubes entourant des barres de combustible nucléaire. L'hydrogène est un gaz inflammable et, par conséquent, sa réaction avec l'oxygène atmosphérique peut entraîner une explosion majeure.
Ce type d'explosion a eu lieu à la centrale japonaise de Fukushima en 2011. Une fuite d'hydrogène s'est produite en 1979 à la centrale de Three Mile Island dans l'État américain de Pennsylvanie.
4- En plus de l'oxydation du zirconium dans l'eau, il est également oxydé dans l'air, et le zirconium peut entrer dans une réaction de nitruration avec l'azote atmosphérique. Aussi, les métaux entrant dans la composition des structures métalliques entourant le combustible nucléaire (à savoir : le fer, le nickel et le chrome) peuvent être également oxydés. Toutes ces réactions sont des réactions exothermiques, qui conduiront à un chauffage, une ébullition, une évaporation et une libération d'hydrogène plus rapides d'une part, et à une augmentation plus rapide de la température du combustible nucléaire d'autre part, et à la suite une réaction nucléaire en chaîne peut se produire.

Malheureusement, la mission de l'AIEA n'a étudié aucun de ces scénarios, sachant qu'il y a eu des accidents nucléaires similaires antérieurs que nous avons mentionnés ci-dessus, et je ne pense pas que les membres de la mission les ignorent.

En conclusion, il faut noter qu'une explosion dans les piscines de désactivation de l'un des réacteurs nucléaires de la centrale de Zaporijia, qu'elle soit due à l'inflammation de l'hydrogène accumulé ou à la réaction nucléaire en chaîne, peut entraîner la propagation de déchets radioctifs à une distance pouvant atteindre entre 100 à 1000 kilomètres, selon les circonstances météorologiques, et il sera difficile de contrôler et de surmonter ces effets sur des décennies.


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16 réactions à cet article    


  • Florian LeBaroudeur Florian LeBaroudeur 6 mars 12:27

    Arrêtez, vous allez heurter la sensibilité des pros-nucléaires.

    Un accident ne peut pas arriver voyons. Bon c’est vrai il y a eu Tchernobyl mais cette centrale a été géré par des communistes, il y a aussi eu Fukushima mais c’était à cause d’un phénomène tellurique très exceptionnel.

    Ils veulent prolonger la vie des centrales vétustes, ils veulent construire d’autres réacteurs malgré le manque de personnel qualifié, ils veulent tout électrifier en assumant la conséquence d’une tempête solaire sur le fonctionnement des réacteurs, ils provoquent la Russie en assumant le risque d’une escalade atomique

    Ces gens veulent être irradier, ils en trépignent d’impatience, ne gâchez pas leurs rêves et leurs espoirs.

    Merci pour eux


    • John John 6 mars 12:45

      Salut !


      « L’hydrogène est un gaz inflammable et, par conséquent, sa réaction avec l’oxygène atmosphérique peut entraîner une explosion majeure. »

      L’hydrogène en réaction avec l’oxygène ... De l’eau ? De l’eau qui explose ! smiley ...


      • Molhem Assef Molhem Assef 6 mars 12:50

        @John
        Bien sûr, avec l’oxygène atmosphérique.
        Il faut lire mon article :
        https://www.scirp.org/pdf/oalibj_2023022315464110.pdf


      • John John 6 mars 13:20

         Assef salut !

        « Bien sûr, avec l’oxygène atmosphérique. »

        Bien sûr se sont deux gaz qui peuvent provoquer des explosions mais pour ça il faut qu’il ait une autre source d’énergie ... Mais ne pense pas que L’hydrogène au simple contact de l’oxygène s’enflamme ou explose ...  


      • adeline 6 mars 19:04

        @John
        a 4% c’est la possibilité d’auto explosion 


      • Molhem Assef Molhem Assef 10 mars 05:11

        @adeline
        Le risque de zéro n’existe pas !


      • charlyposte charlyposte 6 mars 12:50

        Je propose le retour de la dynamo à pédale.... tout simplement smiley


        • John John 6 mars 13:33

          Charly salut !

          « Je propose le retour de la dynamo à pédale.... tout simplement »


          Et aussi celui du post à galène wifi USB conect ! On titrera cette nouveauté Charly fait de la résistance ... Puti quel Ohm ! smiley ...

        • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 6 mars 14:09
          sachant qu’il y a eu des accidents nucléaires similaires antérieurs
          ​​​​​​​Pas vraiment. Il ne s’agissait pas de piscines de refroidissement, mais de fusion des cœurs. Un accident de criticité est très improbable, compte-tenu de la disposition spacial des assemblages dans les piscines.

           l’hydrogène va commencer à être généré par deux méthodes : soit par analyse radioactive directe de l’eau,
          Radiolyse.
          L’atmosphère des bâtiments des piscines est contrôlée, et régulée par ventilation ou injection d’azote. Les explosions de Fukushima ont été le résultat de fuites à des endroits imprévus, dues à des circonstances exceptionnelles. Le scénario de dégagement d’hydrogène dans les bâtiments des piscines est lui au contraire prévu.

          ​​​​​​​Je suis très sceptique sur les chiffres de dissémination évoqués (100 km) en cas d’explosion d’hydrogène dans ces bâtiments. Les déchets sont placés dans des alvéoles très solides, il n’y a pas de raison qu’une explosion qui serait forcément au dessus projette en l’air ces matières.

          • Molhem Assef Molhem Assef 10 mars 04:55

            @Opposition contrôlée
            Salut
            Merci pour vote commentaire !
            Le risque de zéro n’existe pas.
            Dans mon article j’ai discuté (les risque possibles) à la centrale ZNPP.
            I est très difficile d’estimer correctment tous les facteurs qui peuvent infleuncer l’état de la sûreté et de la sécurité à la centrale ZNPP.


          • roman_garev 6 mars 16:00

            @l’auteur

            « la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia »

            Cette centrale est aussi ukrainienne que Donetsk, Lougansk ou la Crimée russes.

            La seule chose que les Ukrainiens y font, ils la bombardent.


            • Molhem Assef Molhem Assef 10 mars 05:04

              @roman_garev
              Salut
              Les Ukrainiens peuvent bombarder autre cibles militaires, pour ne provoquer pas de catastrophe à la ZNPP.


            • CN46400 CN46400 9 mars 08:00

              100 ou 1000kms de retombées, et pourquoi pas 10 000kms et combien dans les années 50-60 quand les USA-URSS-GB et France essayaient les bombes atomiques en haute atmosphère ? Les anti-nucs chevauchent toujours les mêmes démagogies ! Alors qu’il y a tant à faire pour transformer les intermittences éoliennes ou voltaïques en électricité sonnante et trébuchante....

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